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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 08:26

 

 

 

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image Sommet UA 2013 - Yoweri MUSEVENI, Jo K et Paul KAGAME

 

 

Ne pouvant marcher à contre courant de l’opinion publique congolaise, le pouvoir de Kinshasa tenterait de privilégier l’option militaire. Tout serait mis en œuvre pour affaiblir le M23 et l’obliger ainsi à se dissoudre sans négociations. Des opérations de débauchage d’éléments M23 ont été mises en place. Plusieurs éléments de cette rébellion se sont rendus aux troupes gouvernementales, sinon aux contingents de la Monusco les derniers mois. Au nombre de ses transfuges du M23 se trouvent très peu des sujets rwandophones. Le gros de ceux qui quittent les rangs de M23 sont membres des communautés congolaises autres que rwandophones.

 

A cette allure, à la longue, l’on va se retrouver avec un M23 composé essentiellement des sujets rwandophones. Ceci pourrait transformer la crise de l’Est en un conflit entre la communauté rwandophone et les autres communautés congolaise avec le risque d’attirer la compassion de la communauté internationale pour la protection d’une minorité. Au nom de cette protection de la minorité en péril, des pays voisins pourront encore trouver les prétextes de faire des expéditions militaires en RDC. Radicalisés, les rwandophones de M23 prétexteront se battre pour leur survie. Ce qui peut pousser les décideurs du monde à leur trouver un lopin de terre et ce sera la porte ouverte à la balkanisation.

 

Kinshasa tergiverse pour signer un accord avec le M23. La présence des contingents de la Monusco à Goma, la suprématie des FARDC sur le terrain des combats ainsi que la pression de l’opinion publique congolaise seraient à la base des hésitations de dirigeants congolais quant à la conclusion des accords avec le M23.

Les habitants de l’Est du Congo, et particulièrement ceux du Nord Kivu et de Goma, ont expérimenté, à plusieurs reprises, l’incapacité du pouvoir de Kinshasa quant à l’imposition de la paix par les armes et même par des négociations.

Des accords passés entre le pouvoir de Kinshasa et les différents groupes armés de l’Est n’ont jamais donné des résultats escomptés. Il en est de même de plusieurs opérations militaires menées à l’Est de la RDC contre les groupes armés. De quoi discréditer le pouvoir de Kinshasa dans l’opinion de l’Est du Congo.

Maintenant que les FARDC semblent avoir le vent en poupe sur le terrain des combats et avec la présence des forces onusiennes à Goma, très peu sont des congolais qui pensent encore aux négociations avec le M23. La frappe et l’anéantissement de cette insurrection passe pour l’unique solution à cette crise. Et Kinshasa veut se conformer à cette volonté populaire.

Attention à une guerre identitaire et à la balkanisation

Ne pouvant marcher à contre courant de l’opinion publique congolaise, le pouvoir de Kinshasa tenterait de privilégier l’option militaire. Tout serait mis en œuvre pour affaiblir le M23 et l’obliger ainsi à se dissoudre sans négociations. Des opérations de débauchage d’éléments M23 ont été mises en place. Plusieurs éléments de cette rébellion se sont rendus aux troupes gouvernementales, sinon aux contingents de la Monusco les derniers mois. Au nombre de ses transfuges du M23 se trouvent très peu des sujets rwandophones. Le gros de ceux qui quittent les rangs de M23 sont membres des communautés congolaises autres que rwandophones.

 

A cette allure, à la longue, l’on va se retrouver avec un M23 composé essentiellement des sujets rwandophones. Ceci pourrait transformer la crise de l’Est en un conflit entre la communauté rwandophone et les autres communautés congolaise avec le risque d’attirer la compassion de la communauté internationale pour la protection d’une minorité. Au nom de cette protection de la minorité en péril, des pays voisins pourront encore trouver les prétextes de faire des expéditions militaires en RDC. Radicalisés, les rwandophones de M23 prétexteront se battre pour leur survie. Ce qui peut pousser les décideurs du monde à leur trouver un lopin de terre et ce sera la porte ouverte à la balkanisation. 

 

Aussi, les autorités du Nord Kivu et les membres de la société civile de cette province ont, dernièrement, dénoncé la présence des éléments El-shabab aux côtés des rebelles Nalu-ADF opérant dans la région de Beni. Cette alerte semble, aux yeux de nombreux observateurs, être une manière d’ouvrir la porte d’entrée en RDC de toutes les puissances mondiales hostiles à l’expansion du terrorisme dans le monde. Les voisins du Congo, à la solde de ces puissances, ne manqueront pas d’être mis à contribution et ce sera l’éternel recommencement.

 

Tout en maintenant sa main sur la gâchette, le pouvoir congolais ferait œuvre utile en poursuivant les pourparlers avec le M23 afin d’aboutir à une conclusion, quelle soit-elle. Il ne faut laisser aucun prétexte au M23 dont la délégation séjourne encore à Kampala attendant la conclusion des accords.

 

[Joska Kaninda]

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Published by chickomwamba.over-blog.com(Tété - Diulu) - dans Analyse et Forum
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