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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 11:13

 

 

 

kongoTimes!

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image Mary ROBINSON

 

Les concertations nationales de la République démocratique du Congo ont peut-être trouvé leur médiateur. Denis Sassou Nguesso, président du Congo/Brazzaville, s’est montré disponible à remplir cette mission. Pourvu, a-t-il précisé, que Kinshasa lui en fasse la demande expresse. Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies, se trouve presque court-circuitée ; elle qui pensait jouer un rôle au regard des prérogatives lui attribuées dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013. La bataille est lancée entre Francophones et Anglophones.

Les déclarations faites le week-end dernier à la presse par le président du Congo/Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, à l’issue de son entretien avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila, ont plus que jamais ravivé la polémique autour de la tenue de concertations nationales de la RDC. Loin de faire avancer le dossier en vue de la convocation imminente de ces assises, l’implication de Sassou dans ce débat a presque jeté de l’huile sur un feu qui n’était qu’à son début.

Pomme de discorde : l’ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales.  L’Opposition est montée sur ses quatre chevaux, condamnant de graves déviations dans l’ordonnance présidentielle. Dans une déclaration faite le 1er juillet 2013, elle a appelé à la tenue de ces assises nationales dans les limites fixées dans l’accord-cadre d’Addis-Abeba du 24 février 2013 et la résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’Opposition rappelait que la RDC s’était engagée « à organiser, avec les bons offices de l’envoyée spéciale et du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, un dialogue politique transparent et sans exclusive, entre toutes, les parties prenantes congolaises en vue de favoriser la réconciliation et la démocratisation et encourager l’organisation d’élections provinciales et locales crédibles et transparentes ».

De ce point de vue, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies dans la région des Grands Lacs, l’Irlandaise Mary Robinson, devrait inévitablement jouer un rôle dans ce forum national.  Une interprétation que la majorité au pouvoir a tout de go balayée d’un revers de la main.

SORTIE EN FANFARE DE ROBINSON

Comme il fallait s’y attendre, Mary Robinson n’a pas tardé à réagir. Se sentant concernée par le forum national annoncé par le président Kabila, elle a donné de la voix aux nombreuses contradictions qui minent déjà ce forum national. Selon ses déclarations, relayées par La Libre Belgique, elle a dit qu’il était important pour la RDC d’avoir de bonnes « consultations nationales ». L’envoyée spéciale de Ban Ki-moon dans les Grands Lacs, qui sortait d’une rencontre avec le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avait admis que la forme des concertations nationales annoncées par le président Kabila ne correspondait « pas précisément » à l’engagement pris par ce dernier au sommet d’Addis-Abeba, en février dernier, prélude à la Résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Mary Robinson a souhaité que ces concertations soient « plus inclusives » et mieux préparées en vue de permettre réellement de « rétablir davantage la cohésion nationale, consolider l’unité nationale et mettre fin aux cycles de violence à l’Est du pays ».

Si de l’avis de Mary Robinson, l’accord-cadre d’Addis-Abeba et la Résolution 2098 ont pratiquement verrouillé le cadre et le contexte d’un quelconque dialogue national en RDC, Kinshasa développe plutôt un point de vue contraire. A Kinshasa, on ne s’en cache pas. Le déplacement, le week-end à Brazzaville du président Kabila s’inscrirait, commente-t-on, dans ce cadre.

Il apparaît de plus en plus clair que Kinshasa privilégierait, concernant une éventuelle médiation étrangère, la piste de Brazzaville. Ce qui a pour effet d’entretenir une tension entre les parties prenantes aux concertations nationales.

LE GRAND DUEL

A tout prendre, l’envoyée spéciale de Ban Ki-moon dans les Grands Lacs n’entendrait pas lâcher prise. Elle aurait l’ambition de récupérer son rôle dans les concertations nationales perdu du fait de l’ordonnance présidentielle. Le choix de Bruxelles n’est pas fortuit. Cela ressemble à un passage en force, estimant que son message sera perçu cinq sur cinq à Kinshasa en un temps record. Or, Kinshasa, qui a déjà fixé le cadre de cet accord-cadre, tient à avoir tout le contrôle de ces concertations nationales.

Finalement, la médiation met aux prises deux camps distincts. D’un côté, les Anglophones dont la forte emprise sur les enjeux politiques de la RDC n’est plus à démontrer. Outre la guerre dans l’Est de la RDC où sont impliquées d’importantes multinationales anglo-saxonnes, la plupart de dialogues politiques initiés en RDC ont été pilotés par des anglophones.

C’est les cas de l’Accord signé à Lusaka en 1999, suivi en 2002 de l’endossement en Afrique du Sud de l’accord global et inclusif entre belligérants à la crise congolaise. Aussi propulsent-ils Mary Robinson au-devant de la scène.

L’histoire récente retient qu’ils sont passés maîtres dans l’arbitrage des litiges congolais. Ils veulent s’y accrocher et désirent peser de tout leur poids dans ce forum national, soutenus dans leur démarche par les Nations unies. 

De l’autre côté se dressent les Francophones. Menés par la France, ils n’entendent pas désarmer. L’Hexagone, qui a la réputation d’avoir fait évoluer le dossier RDC au Conseil de sécurité des Nations unies chaque fois qu’apparaît un blocage, se montre intéressé et prêt à offrir ses bons offices pour une solution durable à la crise congolaise. 

La rentrée sur scène de Denis Sassou Nguesso en est une illustration. Le président congolais chercherait par tous les moyens à faire triompher la cause francophone dans la crise congolaise, en particulier, et dans les Grands Lacs en général. Pour y arriver, il s’appuie sur la proximité et surtout les liens culturels qui unissent son pays à la RDC.

Un atout qui pèserait dans la balance pour écarter de la course Mary Robinson. Pour la France, la RDC passerait pour la colonne vertébrale devant faire vibrer davantage la fibre francophone en Afrique. Si bien que, selon elle, il serait hors de question de laisser les Anglophones continuer de dicter la marche pour la sortie de crise en RDC. 

L’affrontement entre les deux camps prouve à suffisance que la RDC fait l’objet d’intenses tractations dans la communauté internationale. A ce stade, le suspense demeure entier concernant la personnalité internationale à même de faire l’unanimité sur la médiation des concertations nationales congolaises.

[lePotentiel]

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Published by chickomwamba.over-blog.com(Tété - Diulu) - dans Analyse et Forum
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