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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 15:14

 

 

 

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image Yoweri MUSEVENI et Paul KAGAME

 

Le ciel s’éclaircit au-dessus de la RDC. Sentant leur fin approcher les balkanisateurs opèrent désormais à découvert. Un accord qui empiète sur la souveraineté de la RDC et pire consacre la cession des pans entiers du territoire national est sorti des entrailles de la facilitation. Aguerris, les Congolais dénouent tous les pièges de front. Les pourparlers de Kampala consacrent la fin d’une époque, celle où les Congolais avalaient les couleuvres rwandais, ougandais, …, sans broncher. Echec et mât pour Museveni, la balkanisation ne s’opérera pas avec l’accord des Congolais.

Désigné par ses pairs de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) pour jouer au facilitateur des pourparlers que ces derniers avaient imposés à Kinshasa et au M23 , le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni s’est cru investi du manteau de « Bismarck » africain. Après avoir pratiqué la politique de l’autruche par l’entremise de son ministre de la Défense, Yoweri Museveni vient de faire tomber le masque en reprenant en main la direction des affaires. Why ?

Voyant que le drame qu’il a monté avec son complice rwandais sous la bénédiction de leurs parrains anglo-saxons tardait  à livrer son épilogue, il a finalement choisi d’opérer à visage découvert. Ce qui se tramait depuis la guerre d’agression de 1996, vient d’éclater au grand jour : la partition du Congo. Cela à la faveur de la reprise des pourparlers de Kampala entre le gouvernement congolais et le M23. Appelés à se clôturer dans les 14 jours, la rallonge n’a pas pu permettre un atterrissage en douceur.

Groupe armé créé de toutes pièces par le duo Kigali-Kampala, le M23, arrière petit-fils de l’AFDL, a fait languir son interlocuteur (Kinshasa) dans le dialogue rouvert il y a quelques mois dans la capitale ougandaise. Sous la dictée de ses parrains, le M23 a présenté un cahier de charges qui s’adaptait au rythme de l’évolution de la situation sur le terrain en RDC et en rapport avec les pressions internationales.

Lassé de jouer la comédie sans progresser d’un seul pas, Yoweri Museveni a pété les plombs en imposant à la délégation de Kinshasa un projet d’accord qui fait la part belle au M23. C’est le coordonnateur du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre de paix d’Addis-Abeba,  François Muamba, qui l’a révélé à l’opinion nationale et internationale. Se confiant à radio okapi le 3 octobre, François Muamba a craché son ras-le-bol : « la délégation de Kinshasa  est déçue et constate que les quatorze jours impartis pour les discussions, ont été consacrés à du théâtre, à du cosmétique ». Son avis est que les discussions de la capitale ougandaise « ne sont pas prêtes à aboutir à un accord ».

Le problème c’est qu’en fait d’accord, le ministre ougandais de la Défense, facilitateur désigné par Kaguta Museveni a tenté d’ «imposer un document qui viole la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC». Un jeu de mauvais goût qui, selon François Muamba, ne pourra jamais être accepté par le gouvernement congolais. Ce dernier a tranché dans le vif : «Même si on doit négocier pendant dix ans, personne ne nous fera signer des choses de cette nature là. Personne ne peut plus nous distraire, qu’il s’appelle président Museveni ou autre chose». 

Bien plus, Cyrpus Kyonga a agi comme à l’époque de la Conférence de Berlin, maladroitement, sans se préoccuper de précautions d’usage. François Muamba rappelle, dépité  que la seule chose qui intéressait le médiateur ougandais  n’était pas la fin de la guerre, que le M23 dépose les armes. Tout avait subitement changé : « C’était plutôt quel type de rapport il fallait faire à New-York, le 23 septembre dernier, c’est-à-dire quelques jours après. Pour rédiger ce rapport à présenter en marge de la récente session ordinaire de l’assemblée  général de l’Onu, on nous a mis dans une salle, on a fait des photos, on a fait des trucs, et puis finalement on nous a donné un soit disant ordre du jour comportant dix points»

Qu’est-ce cette attitude de Kampala veut traduire ? Deux choses.   

La première, c’est que les balkanisateurs ont raté l’occasion de couvrir leur filleul. Tout devient clair désormais : le M23 n’est pas une rébellion au pouvoir de Kinshasa ;  au contraire, il s’illustre comme le bras séculier de tous ceux qui, en RDC, en Ouganda, au Rwanda et outre-Atlantique, ont planifié la disparition de l’ex-Colonie belge. S’assumant, ces derniers ont oublié leur rôle d’arbitre pour endosser les thèses défendues par procuration par le M23.

L’on se souviendra qu’après que les dirigeants de la région des Grands Lacs aient  demandé la reprise des pourparlers de Kampala, les militaires M23 s’étaient dits  prêts  à désarmer et retourner à la vie civile, à la condition que les FDLR soient neutralisés et que les réfugiés congolais de souche rwandaise retournent au pays. Ils ont banalisé les crimes commis dans l’Est du pays et demandé une amnistie collective. En plus, le M23 avait exigé qu’il lui soit accordé de gérer pendant cinq ans renouvelables, le territoire actuellement sous son contrôle.

La deuxième, c’est que le temps qui passe ne leur est plus favorable, du moment que le pot aux roses a sauté aux yeux de tous. La sous-traitance a été découverte. Par conséquent, ils sont aux abois et s’agitent comme des diables dans un bénitier. Comme exutoire, ils font feu de tout bois.

Le duo Kagamé-Museveni aux abois

En optant pour cette stratégie, Kigali et Kampala ont franchi une étape supplémentaire dans leur entreprise de balkanisation de la RDC. L’opiniâtreté avec laquelle ces deux capitales traitent de la question congolaise sans aucun respect pour sa souveraineté et l’intégrité de son territoire, malgré l’Accord-cadre signé à Addis-Abeba laisse dubitatif. Cette attitude viole justement cet instrument qui visait la paix dans la sous-région.

A la manière d’une course-relais, Kagame et Museveni jouent présentement leur dernière partition. Quand au Conseil de sécurité, Kagame tente de contrôler la situation en poussant ses parrains anglo-saxons à bloquer les résolutions allant dans le sens de condamner ses crimes en RDC, Museveni de sa part, tente de blanchir le M23 et de lui offrir une sortie honorable, sanctionnée par l’occupation d’un pan entier du territoire congolais.

A tout prendre, c’est la fin d’une époque et de son esprit. La recolonisation est une barbarie en plein 21ème siècle.  La RDC est un pays indépendant et souverain ; il a droit de bénéficier de la part de tous les membres des Nations unies le soutien et la protection prévus par la Charte de l’Onu.

Les Etats-Unis qui ont sanctionné Kigali pour enrôlement d’enfants soldats, ne devraient pas se limiter en si bon chemin. La sanction doit toucher tous les acteurs qui ont opéré ces recrutement ou ceux qui les ont facilités. Joseph Kabila, du haut de la tribune de l’assemblée générale de l’ONU n’a pas demandé mieux.

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Published by chickomwamba.over-blog.com(Tété - Diulu) - dans Analyse et Forum
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