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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 08:53

 

(L'Avenir Quotidien 28/05/2013 - 06:24)

 

 

 

Des manipulateurs africains, européens et autres qui sont proches de la thèse rwandaise profitent des propos tenus par le Secrétaire général des Nations Unies à Goma pour faire croire à l’opinion que le déploiement de la Brigade spéciale d’intervention est renvoyé aux calendes grecques. Ils oublient vite quae le déploiement de cette force des Nations Unies de 3.000 hommes exige une logistique adéquate pour qu’elle ne connaisse pas de fiasco

 

Pour parer à toute éventualité, les dirigeants de l’Union Africaine réunis à Addis-Abeba ont décidé de créer une force de réaction rapide chargée d’intervenir dans les conflits sur le continent. Une telle force est « immédiatement mobilisable » grâce aux contributions déjà offertes par l’Afrique du Sud, l’Ouganda et l’Ethiopie, a précisé à BBC Afrique Ramtane Lamamra, commissaire de l’UA en charge de la paix et de la sécurité. La mise en place d’une telle force se veut une mesure provisoire, dans la perspective d’une future Force africaine en attente (FAA), toujours en gestation.

 

A quelque deux mois du déploiement de la Brigade spéciale d’intervention, des manipulateurs africains, européens et autres qui sont proches de la thèse rwandaise jettent pratiquement leurs dernières cartouches, afin de dissuader les Nations Unies à ne pas déployer la Brigade spéciale d’intervention. Cette Brigade, comme il faut bien le rappeler, a reçu pour mandat de traquer les forces négatives que sont les rebelles de M23, les FDLR, les ADF-NALU et d’autres Maï-Maï. L’objectif voulu est de permettre à la Rd Congo d’entrer dans une période de stabilité et de postérité accrues, où la justice est rendue, où les femmes n’ont plus peur de la violence sexuelle et où les enfants sont protégés.

 

Mais voilà, en visite à Goma, accompagné du Président de la Banque mondiale, Ban Ki-moon a, au cours d’un point de presse, indiqué que le déploiement de cette force de 3.000 hommes interviendra dans un ou deux mois. Une raison fondée lorsqu’on sait qu’une telle opération doit être bien étudiée pour qu’elle ne puisse pas être un fiasco. En réalité, le déploiement de cette force exige que la logistique soit déjà à point, afin de permettre à ces soldats de la paix de bien faire leur travail. C’est à ce niveau qu’il convient de faire la différente entre la vitesse et la précipitation, d’autant plus que si une opération aussi délicate comme celle-ci qui va consister à éradiquer les forces négatives qui sont à la base de l’insécurité dans la Région n’est pas bien préparée, tous les pourfendeurs auront des arguments pour attaquer une fois de plus les Nations Unies.

 

La population a intérêt à ne pas prêter oreille à ces manipulateurs qui veulent semer le doute non seulement au niveau de ces 3.000 militaires de l’ONU, mais aussi à tous ceux qui doivent collaborer avec eux. A l’heure qu’il est, on ne peut qu’attendre. Entre-temps, les FARDC appuyées par la MUNOSCO continueront à sécuriser le territoire national et à protéger la population congolaise. Ceci pour dire que les manipulateurs ne l’emporteront jamais sur la détermination de tout un peuple, ainsi que de la communauté internationale.

Le Rwanda, tête d’affiche

 

Parmi ceux qui n’apprécient pas le déploiement de la Brigade spéciale d’intervention se trouve en bonne place le Rwanda. Dans une interview publiée hier dans Jeune Afrique, Paul Kagame craint que cela n’ait aucun sens, mais laissons-les essayer : « le Rwanda ne s’y oppose pas, même si je sais à l’avance que cela ne résoudra rien. La solution doit être politique, parce que le problème est politique. En quoi une brigade d’intervention équipée de drones de surveillance est-elle un remède au déficit de gouvernance, d’infrastructures, d’institutions et d’administration dont sont victimes les populations ? Ce n’est ni le bon diagnostic ni le bon médicament. C’est tout simplement ridicule ».

 

Malheureusement, il n’y a que le Rwanda qui fait une lecture biaisée de la situation sécuritaire en Rd Congo. Il ne reconnaît pas que ce sont ses frères FDLR qui sont en Rd Congo depuis plusieurs années qui sont à la base de l’insécurité ; il ne reconnaît pas que c’est lui et sa soldatesque qui recrute, finance et arme les militaires du M23 qui sèment la mort à l’Est de la Rd Congo ; Il ne reconnaît pas que les problèmes de gouvernance à eux seuls ou ceux liés à l’administration ne peuvent pas justifier la guerre imposée à la Rd Congo.

 

Curieusement, lorsque Jakaya Kikwete, président tanzanien exige un dialogue entre Paul Kagame et les FDLR, Louise Mushikiwabo qualifie ces propos d’aberrants. S’il est établi que la solution au problème de la Rd Congo est politique, tel doit aussi être le cas pour le Rwanda qui n’a jamais voulu accepter ni pardonner ses frères accusés de génocide. Petit à petit, on est entrain d’arriver à l’idée selon laquelle la solution n’est pas congolo-congolaise, mais elle dépend de l’implication de tous les pays concernés de la Région, notamment la Rd Congo, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi.

 

En s’opposant à la Brigade et au déploiement des drones, le Rwanda doit apprendre à dire la vérité. La vérité est qu’il est mal à l’aise et ne voudrait pas que les drones surveillent la frontière qui lui sert à ravitailler les milices qui pullulent l’Est de la Rd Congo et à infiltrer frauduleusement ses militaires en territoire congolais.

 

On voit bien que la proposition du président tanzanien a donné des migraines, de l’insomnie et autres troubles somatiques à Kagame. Car, il sait que négocier avec ses rebelles de Fdlr équivaut à diminuer sa force de nuisance dont il connaît seul les secrets. Et cela appellera à court ou à moyen terme sa chute. D’où, il ne pourra jamais accepter la proposition tanzanienne qui est suicidaire pour lui. Personne ne lui fera entendre raison à moins que ses maîtres penseurs l’y contraignent.

 

Une force de réaction rapide

De l’Union Africaine où a été célébré le jubilé d’or de cette institution, nous apprenons que ses dirigeants réunis en sommet à Addis-Abeba ont décidé de créer une force de réaction rapide chargée d’intervenir dans les conflits sur le continent. Le président en exercice de l’UA, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, a qualifié cette décision d’”historique”. Ceci comme pour dire que si cette force était opérationnelle, peut-être qu’il n’aurait pas fallu que le Conseil de sécurité crée une Brigade spéciale, première force du genre dans les annales de cette institution.

 

Une telle force est "immédiatement mobilisable" grâce aux contributions déjà offertes par l’Afrique du Sud, l’Ouganda et l’Ethiopie, a précisé à BBC Afrique Ramtane Lamamra, commissaire de l’UA en charge de la paix et de la sécurité. D’autres pays sont appelés à contribuer au mécanisme sur base volontaire. La mise en place d’une telle force se veut une mesure provisoire, dans la perspective d’une future Force africaine en attente (FAA), toujours en gestation. Les dirigeants africains discutent depuis des années d’une Force africaine en attente, prévue dès la constitution de l’UA, mais sa mise en place, initialement prévue pour fin 2010 a été repoussée et n’interviendra au mieux qu’en 2015.

 

Au sujet de la nouvelle force d’intervention rapide, Ramtane Lamamra a indiqué que la Commission de l’UA “a été chargée d’élaborer les détails pour l’opérationnalisation de cette force, et de remettre un rapport aux ministres de la Défense de tous les pays africains pendant le dernier trimestre de cette année”. La nécessité d’une force de réaction rapide est encore apparue lors de la crise au Mali, où la France a envoyé quelque 4.000 soldats pour repousser les milices islamistes qui avaient conquis le nord du pays, tandis que les pays africains peinaient à apporter une réponse militaire immédiate.

 

 

L’Avenir

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