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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 15:54

 

 

 

Jeudi, 07 Novembre 2013 08:39



*Selon Human Rights Watch (HRW), après la déconfiture du Mouvement du 23 mars, l’heure est à la justice de faire son travail.
*Arrêter les leaders du M23 responsables de crimes et autres violations graves des droits humains, les poursuivre en justice et faire face aux FDLR, NDC, Raia Mutomboki et le Nyatura. Priorités des priorités auxquelles Kinshasa doit faire face en vue de la pacification totale de tout le territoire national

Le M23 a reconnu sa défaite le mardi dernier ; ce qui marque apparemment la fin des attaques dévastatrices contre des civils, menées en Rdc par ce groupe armé soutenu par le Rwanda. Il s’agit d’un grand pas en avant, mais le processus pour traduire en justice les auteurs des crimes commis par tous les camps dans le cadre de ce conflit complexe ne fait que commencer.

Une victoire commune

La défaite soudaine du M23 est en partie due aux opérations militaires de l’armée congolaise et au soutien crucial fourni par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), et notamment par sa nouvelle Brigade d’intervention sous commandement africain.

Toutefois, la clé de ce succès reposerait aussi sur la montée de la pression internationale sur le Rwanda pour faire cesser son soutien au M23 : suspension d’aide au Rwanda par certains des principaux bailleurs de fonds en 2012 et en 2013 ; dénonciations publiques de ses alliés proches ; appels téléphoniques au président rwandais Paul Kagame de la part du secrétaire d’État américain John Kerry et du ministre des Affaires étrangères britannique William Hague,… ce, lorsque la dernière vague de combats a éclaté à la fin du mois d’octobre. Le gouvernement rwandais aura probablement conclu que son soutien au M23 était devenu trop préjudiciable pour son image publique.

C’est ainsi que lors des récents combats, les rebelles du M23 n’ont pas obtenu du Rwanda une nouvelle aide militaire sur laquelle ils avaient compté lors des opérations précédentes.

Au cours des 19 derniers mois, les rebelles ont terrorisé des civils : ils ont commis des meurtres et des viols, recruté de force des enfants dans leurs rangs, et pris pour cible toute personne osant s’élever contre les nombreux abus commis. Avant d’expirer, le M23 a bombardé les villes de Bunagana et de Chengerero, tuant au moins 15 civils et faisant de nombreux blessés. Nuitamment, ils ont été chassés de deux de leurs positions restantes avant d’annoncer, la queue entre les pattes, la fin de leur rébellion.

Nouveaux défis à relever

Alors que de nombreuses personnes en Rd Congo se lancent à fêter la défaite du M23, il reste de nombreux défis à relever. L’Est du pays est en proie aux exactions commises par d’autres groupes armés, et à tort ou à raison l’armée congolaise elle-même.

Le gouvernement congolais devrait désormais se concentrer sur les trois priorités. Primo, arrêter les leaders du M23 responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres violations graves des droits humains, et les poursuivre en justice dans le cadre de procès équitables et crédibles. Secundo, donner des ordres explicites à tous les membres des forces de sécurité de ne pas mener d’attaques en guise de représailles ou d’autres types d’action abusive contre des membres du groupe ethnique Tutsi ou des « collaborateurs présumés » du M23. Les personnes impliquées dans de tels actes devront être rapidement traduites en justice.

Tertio, avec la Monusco, faire face à la menace constituée par les autres groupes armés responsables d’exactions, y compris les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ; le groupe Nduma Defence of Congo (NDC), dirigé par Ntabo Ntaberi Sheka ; la milice Raia Mutomboki et un certain nombre de milices Hutu congolaises souvent désignées sous le nom de Nyatura.

Dans le cadre de ces efforts, mettre en œuvre, de toute urgence, un nouveau programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion qui offre des opportunités d’emploi en faveur des anciens combattants et faire en sorte que les leaders rebelles responsables d’atteintes graves aux droits humains soient arrêtés et traduits en justice.

Le gouvernement congolais, avec l’appui des Nations Unies et le soutien de certains diplomates, a fait preuve d’un engagement fort pour lutter contre la menace constituée par le M23 d’une manière qui empêche la répétition des erreurs du passé consistant à récompenser certains criminels de guerre par des hauts postes militaires et à promouvoir l’impunité.

Le gouvernement doit maintenant faire preuve de la même détermination pour s’attaquer aux abus perpétrés par d’autres groupes armés, ainsi que par les membres de ses propres forces de sécurité.

Connaissant tout ceci, Lambert Mende, porte-parole du Gouvernement a indiqué dans son point de presse de lundi dernier que pour autant, la République Démocratique du Congo refuse de s’enivrer de ce succès militaire. Beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives.

Le Gouvernement entend plonger de manière sérieuse dans la revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence qui ont continuellement miné l’Est de notre pays. Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir.

C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette victoire militaire sans ambigüités, le Gouvernement de la RDC tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu, à en croire le communiqué de Monsieur Bertrand Bisimwa, l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations Nationales qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du Président de la République.

« Aime ton prochain, plante ta haie », dit-on. L’heure est à plus de vigilance du côté Kinshasa. Dormir sur ses lauriers prêterait le flanc aux ennemis de la Rdc, qui n’ont pas encore dit leur dernier mot. Caméléons, ils ne sont guère à bout de leurs stratégies machiavéliques et ne se tiendront jamais pour vaincus.

Mais pour parvenir à trancher ce nœud gordien des groupes armés, il est impératif d’appliquer une stratégie politique et militaire globale conciliant des initiatives locales, nationales et internationales. Cette stratégie devra porter à la fois sur les facteurs qui incitent les élites à prendre les armes et sur les conflits locaux relatifs au foncier et à la gouvernance locale susceptibles de revêtir une dimension technique. Ce problème complexe nécessite donc une approche éclairée tenant compte d’un large éventail de facteurs.

L’Avenir

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Published by chickomwamba.over-blog.com(Tété - Diulu) - dans Analyse et Forum
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